
Les six agences de l’eau sont des établissements publics de l’État qui accompagnent la politique de l’eau à l’échelle des grands bassins hydrographiques français. Elles recrutent des profils variés : spécialistes des milieux aquatiques, chargés d’intervention territoriale, instructeurs de subventions, gestionnaires des redevances, experts en données, juristes et professionnels des fonctions administratives et financières.
Leurs métiers associent connaissance de l’eau, action publique et gestion de dispositifs financiers. Une agence de l’eau ne gère pas directement les réseaux d’eau potable ni les stations d’épuration : elle soutient, finance et évalue notamment les projets portés par les collectivités, les agriculteurs, les industriels et les gestionnaires de milieux.
Quelles sont les missions des agences de l’eau ?
Les agences de l’eau interviennent dans la mise en œuvre des politiques de préservation de la ressource, de lutte contre les pollutions, de restauration des rivières et zones humides et d’adaptation au changement climatique. Leur action repose notamment sur la perception de redevances, l’attribution d’aides financières, l’expertise technique, l’accompagnement des territoires et la production de connaissances.
Ces missions expliquent la diversité des compétences mobilisées, depuis l’instruction administrative des dossiers jusqu’à l’analyse hydrologique, économique et environnementale.
Les métiers des aides financières et de l’intervention territoriale
Chargé d’intervention ou chargé d’opérations
Le chargé d’intervention accompagne les porteurs de projets sur un territoire : collectivités, syndicats de bassin, acteurs agricoles ou industriels. Il analyse leurs besoins, conseille sur les solutions techniques et financières, examine l’éligibilité des opérations et contribue au suivi des programmes d’intervention de l’agence.
Selon sa spécialité, il travaille sur l’assainissement, les économies d’eau, les pollutions diffuses, la restauration des milieux aquatiques ou la protection des captages. Ce métier demande des compétences techniques, une bonne connaissance des politiques publiques et des capacités de dialogue avec les partenaires locaux.
Instructeur ou gestionnaire des aides
L’instructeur des aides examine les demandes de subvention, vérifie les pièces administratives et financières, applique les règles du programme d’intervention, prépare les décisions d’attribution et suit les conventions et paiements. Il veille à la régularité des dossiers et à la traçabilité des fonds publics.
Ces fonctions peuvent convenir à des diplômés en gestion, droit public, administration ou finances, ainsi qu’à des profils disposant d’une connaissance du secteur de l’eau.
Les métiers des redevances et de la gestion financière
Instructeur redevances
L’instructeur redevances assure le traitement des déclarations et la mise en œuvre des redevances prévues par la réglementation. Il vérifie les données, instruit les situations particulières, répond aux redevables et participe aux opérations de contrôle, de régularisation ou de précontentieux.
Cette activité combine analyse réglementaire, traitement de données, rigueur administrative et relation avec les usagers professionnels. Les modalités des redevances évoluent avec la réglementation : la maîtrise des textes applicables et des outils de gestion est essentielle.
Gestionnaire financier, comptable ou contrôleur de gestion
Les agences emploient aussi des spécialistes du budget, de la comptabilité publique, de l’exécution financière des aides, du contrôle interne et du pilotage de la performance. Ces métiers assurent le fonctionnement d’un établissement qui mobilise des financements importants au service des politiques de l’eau.
Les métiers de l’expertise, de la planification et des milieux aquatiques
Chargé d’études eau et milieux aquatiques
Le chargé d’études produit ou pilote des analyses sur la qualité des eaux, l’état écologique des milieux, les pressions exercées sur les ressources et les solutions de restauration. Il peut examiner des études réalisées par des prestataires, contribuer à leur cahier des charges et apporter un appui technique aux chargés d’intervention.
Les profils recherchés relèvent notamment de l’hydrologie, de l’hydrogéologie, de l’hydrobiologie, de l’écologie aquatique ou de l’ingénierie environnementale. Pour approfondir : le métier d’hydrogéologue et le métier d’hydrobiologiste.
Chargé de mission planification et politiques de l’eau
Ces professionnels contribuent à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), à la coordination des acteurs et à l’analyse des résultats des politiques de bassin. Ils mobilisent des compétences en gestion intégrée de l’eau, réglementation, concertation et évaluation.
À l’échelle locale, des métiers complémentaires existent chez les collectivités et syndicats de bassin, comme l’animateur de SAGE : il ne faut pas confondre ces employeurs avec les agences de l’eau.
Les métiers des données et des systèmes d’information
Chargés de données, géomaticiens, statisticiens et spécialistes des systèmes d’information organisent et valorisent des données environnementales, géographiques, économiques et administratives. Ils contribuent aux tableaux de bord, aux outils de suivi des masses d’eau, à la cartographie, à l’évaluation des interventions et à la diffusion des connaissances.
Les compétences en SIG, bases de données, analyse statistique et qualité des données sont utiles, en complément d’une compréhension des enjeux de l’eau.
Les fonctions administratives, juridiques et transversales
Les agences de l’eau recrutent également des assistants administratifs, juristes, spécialistes des marchés publics, responsables des ressources humaines, professionnels de la communication et agents des systèmes informatiques. Les niveaux de qualification varient selon les fonctions, du bac+2 ou bac+3 jusqu’au master et au diplôme d’ingénieur.
Ces métiers rappellent qu’une formation exclusivement scientifique n’est pas indispensable pour contribuer à la politique publique de l’eau.
Quelles formations pour travailler dans une agence de l’eau ?
Les parcours dépendent fortement du poste visé. Pour l’expertise et l’intervention technique : BTS ou BUT spécialisés, licences professionnelles dans l’eau, masters mention Sciences de l’eau, formations en écologie, géosciences, aménagement et diplômes d’ingénieur. Pour l’instruction des aides, les redevances et les fonctions support : formations en droit public, économie, gestion, comptabilité, finances publiques ou administration.
Les compétences transversales sont importantes : rédaction de notes, analyse de dossiers, maîtrise des outils numériques, connaissance des collectivités et compréhension des dispositifs de financement.
Cette présentation actualise et complète une contribution initialement publiée avec l’accord de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse en 2011, consacrée aux métiers des redevances, des aides, de la planification et des données. Photo : La Loire, © Reiner, Pixabay.
