Que devient un bateau lorsqu’il arrive en fin de vie ?
Depuis 2019, la France dispose d’une filière à responsabilité élargie du producteur (REP) dédiée aux bateaux de plaisance ou de sport (BPS). Elle organise leur collecte, leur dépollution, leur déconstruction et la valorisation des matériaux.
Cette filière encore récente doit notamment relever un défi technique et environnemental : développer le recyclage des matériaux composites, largement utilisés dans la construction nautique.
Comment déconstruit-on un bateau en fin de vie ?
La filière REP concerne les bateaux de plaisance de 2,5 à 24 mètres, utilisés pour les loisirs, le sport ou la formation à la navigation, à l’exclusion notamment des embarcations propulsées par l’énergie humaine. Certains véhicules nautiques à moteur, comme les jet-skis et scooters des mers, entrent également dans son périmètre.
L’APER – Association pour la Plaisance Eco-Responsable est actuellement l’éco-organisme agréé pour organiser cette filière sur le territoire national.
Lorsqu’un bateau arrive en fin de vie, son traitement passe par plusieurs étapes :
- réception et identification du bateau ;
- dépollution ;
- démontage des équipements et composants ;
- déconstruction de la coque ;
- séparation et tri des matériaux ;
- orientation vers les filières de réemploi, recyclage ou valorisation.
La dépollution doit être effectuée avant tout autre traitement. La réglementation prévoit notamment le retrait des huiles moteur et de transmission, liquides antigel et de frein, fluides frigorigènes, batteries, produits pyrotechniques et autres substances ou équipements susceptibles de présenter un risque.
Le détenteur peut effectuer une demande de déconstruction auprès de l’APER. Le bateau est ensuite dirigé vers un site spécialisé. L’éco-organisme contribue également à la prise en charge du transport entre le lieu de détention et le site de traitement selon les modalités prévues par le dispositif.
Matériaux composites : le défi du recyclage des bateaux
En 2024, selon l’ADEME*, 5 945 bateaux ont été mis sur le marché et 3 175 bateaux collectés dans le cadre de la filière REP. Parmi les bateaux collectés, 30 % ont été recyclés.
La composition d’un bateau rend sa fin de vie sensiblement différente de celle de nombreux autres produits.
Métaux, bois, équipements électriques, moteurs, batteries, plastiques et matériaux composites doivent être séparés et orientés vers des filières de traitement adaptées.
Les matériaux composites, associant généralement une résine à des fibres de verre ou d’autres renforts, sont particulièrement présents dans les coques. Leur résistance mécanique, leur légèreté et leur durabilité expliquent leur succès dans la construction nautique, mais compliquent leur recyclage en fin de vie.
Le développement de filières de recyclage des matériaux composites figure ainsi parmi les principaux enjeux identifiés par l’ADEME pour la filière des bateaux de plaisance ou de sport.
L’économie circulaire du nautisme ne se limite cependant pas au recyclage. La réglementation encourage également une approche en cycle de vie, intégrant l’écoconception des bateaux, la prévention des déchets, le réemploi et la réutilisation.
Une filière REP appelée à se développer
Les objectifs réglementaires prévoient une progression de la collecte au cours des prochaines années.
Ainsi le nombre minimum de bateaux collectés pour traitement doit ainsi atteindre :
- 3 950 bateaux en 2026 ;
- 4 250 en 2027 ;
- 4 600 en 2028 ;
- 5 000 en 2029.
Les objectifs concernent également le devenir des bateaux déconstruits. À partir de 2027, au moins 85 % des bateaux traités devront faire l’objet d’une valorisation matière ou énergétique, contre 80 % en 2024.
Ces objectifs devraient favoriser le développement de nouvelles solutions de recyclage et de valorisation, en particulier pour les matériaux actuellement difficiles à traiter.
Quels métiers et compétences pour déconstruire et recycler les bateaux ?
La fin de vie des bateaux se situe au croisement de plusieurs secteurs : nautisme, gestion des déchets, dépollution, déconstruction, logistique, recyclage des matériaux et économie circulaire.
Les opérations réalisées dans les centres spécialisés nécessitent notamment des compétences techniques en dépollution, démontage, manutention et tri des matériaux. Plus largement, le développement de la filière fait appel à des compétences en réglementation environnementale, logistique des déchets, recherche de voies de valorisation, réemploi ou encore écoconception.
L’innovation autour du recyclage des composites constitue également un domaine intéressant pour les ingénieurs matériaux, spécialistes du recyclage et acteurs de la recherche et développement.
Un retour d’expérience sur cette filière ?
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Pour approfondir les métiers et formations associés à cette filière, consultez les ressources Orientation Environnement :
→ Formations en gestion et valorisation des déchets
→ Métiers de la dépollution, du recyclage et de l’économie circulaire
→ Recrutements dans la filière déchets
Explorez d’autres filières REP en France et les éco-organismes agrées et spécialisés par type de déchets.
* Ressources pour aller plus loin :
- ADEME – Filière REP des bateaux de plaisance ou de sport
- Ministère de la Transition écologique – Bateaux de plaisance ou de sport
- Légifrance – Dépollution, démontage et découpage des bateaux en fin de vie
- APER – Recycler mon bateau
