phytoépuration, épuration de l'eau par les plantesUne solution écologique face aux défis de l’eau… et créatrice d’emploi ?

    Face à la raréfaction de la ressource en eau, à l’augmentation des coûts de traitement et aux attentes croissantes en matière de solutions durables, la phytoépuration s’impose comme une alternative crédible aux stations d’épuration classiques, en particulier pour les petites collectivités, les écoquartiers et certains sites isolés.

    Qu’est-ce que la phytoépuration ?

    La phytoépuration est une technique d’assainissement écologique qui permet de traiter les eaux usées grâce aux plantes, principalement des roseaux, associées à des micro-organismes naturellement présents dans le sol.

    Aussi appelée filtres plantés de roseaux, cette solution repose sur des processus biologiques naturels : filtration, dégradation bactérienne et oxygénation par les racines.

    Comment fonctionne une station de phytoépuration ?

    Une installation de phytoépuration se compose généralement de plusieurs bassins successifs :

    1. Un prétraitement retenant les matières solides.
    2. Des filtres plantés verticaux assurant la dégradation de la pollution organique.
    3. Des filtres horizontaux, selon les projets, pour affiner le traitement (azote, phosphore).

    À l’issue du processus, l’eau traitée peut être rejetée dans le milieu naturel, dans le respect des normes environnementales, voire réutilisée dans certains contextes spécifiques.

    La phytoépuration repose sur des plantes adaptées aux milieux humides, capables de supporter des eaux chargées tout en favorisant l’activité des micro-organismes épurateurs.
    Parmi les espèces les plus couramment utilisées, on retrouve notamment :

    • le roseau commun (Phragmites australis), très répandu pour sa robustesse et son système racinaire dense,
    • la massette (Typha latifolia), efficace pour l’oxygénation des sols,
    • le jonc (Juncus) et la laîche (Carex), souvent utilisés en complément,
    • l’iris des marais (Iris pseudacorus), apprécié pour son intérêt paysager et sa résistance.

    Ces plantes ne “filtrent” pas directement l’eau : elles créent un écosystème favorable aux bactéries responsables de l’épuration, tout en assurant la stabilité et la longévité des installations.

    Pourquoi la phytoépuration séduit de plus en plus ?


    Voici les principaux atouts de l’épuration des eaux par les plantes :

    • Solution écologique : sans produits chimiques, faible empreinte carbone.
    • Sobriété énergétique : fonctionnement majoritairement gravitaire.
    • Fiabilité : bonne résistance aux variations de charge.
    • Coûts maîtrisés : entretien limité et exploitation simplifiée.
    • Intégration paysagère : acceptation sociale élevée.

    Un marché en croissance en France

    En France, la phytoépuration est aujourd’hui largement déployée, notamment dans les petites collectivités, les zones rurales et les projets d’aménagement durable.

    • Plusieurs milliers d’installations en fonctionnement.
    • Environ un quart des stations d’épuration de petite taille utilisent des filtres plantés.
    • Un développement soutenu par les politiques d’adaptation au changement climatique et de transition écologique.

    La phytoépuration s’inscrit dans le marché plus large de la gestion durable de l’eau et du génie écologique, un secteur créateur d’emplois locaux et non délocalisables.

    Exemples concrets de phytoépuration en action

    • Phytoépuration des eaux usées fluviales, Lyon
    Voies navigables de France a déployé, avec des entreprises spécialisées comme Aquatiris, des dispositifs de phytoépuration flottante pour traiter les eaux usées des bateaux fluviaux.

    • La phytoépuration sur les toitures
    Le groupe Soprema développe des solutions de phytoépuration intégrées aux toitures végétalisées, combinant gestion de l’eau, biodiversité et performance environnementale des bâtiments.
    Un exemple de convergence entre BTP, eau et génie écologique. (Source : Les Échos)

    Habitat individuel
    De plus en plus de particuliers optent pour la phytoépuration comme solution d’assainissement non collectif (ANC), notamment en zones rurales.
    Un choix motivé par l’absence de produits chimiques, la faible consommation d’énergie et une meilleure intégration paysagère. (Source : Ouest-France)

    Cave coopérative de Buzet (Lot-et-Garonne)
    La cave de Buzet-sur-Baïse a mis en place un système de phytoépuration pour traiter ses effluents vinicoles, contribuant à l’obtention d’une labellisation biodiversité. (Source : Terre de Vins)

    Campings, gîtes, sites touristiques
    La phytoépuration est largement utilisée dans les sites touristiques isolés, où les variations saisonnières de fréquentation rendent les stations classiques moins adaptées.
    Une solution robuste, silencieuse et cohérente avec une démarche de tourisme durable.

    Les métiers de la phytoépuration et de l’eau

    La montée en puissance de ces solutions ouvre des perspectives professionnelles variées, accessibles aussi bien en formation initiale qu’en reconversion.

    Métiers techniques et d’ingénierie

    • Ingénieur traitement de l’eau
    • Chargé d’études assainissement
    • Hydraulicien
    • Ingénieur ou technicien en génie écologique

    Métiers de terrain et territoriaux

    • Technicien d’exploitation assainissement
    • Agent de collectivités territoriales
    • Exploitant de stations d’épuration naturelles
    • Paysagiste spécialisé milieux humides

    👉 Ces métiers sont à découvrir dans la rubrique dédiée aux métiers de l’eau.

    Formations et parcours possibles

    • BTS Métiers de l’eau, BTS GEMEAU
    • BUT Génie biologique – parcours environnement
    • Licences professionnelles Eau : gestion des eaux urbaines, techniques épuratoires de l’eau,…
    • Masters et écoles d’ingénieurs spécialisés en eau, hydraulique ou génie écologique
    • Formations courtes et certificats pour l’assainissement écologique

    N’hésitez pas à explorer notre guide des formations eau et assainissement qui répertorie des formations du CAP au Bac+6 en France.

    Autres solutions d’assainissement écologique à explorer

    • Assainissement non collectif (ANC) :
      des solutions autonomes adaptées aux habitations isolées et aux zones rurales.
    • Lagunage écologique :
      des bassins naturels de grande surface utilisant les processus biologiques pour traiter les eaux usées.

    À l’heure du stress hydrique et de la transition écologique, la phytoépuration apparaît comme une solution fondée sur la nature, mais aussi comme un levier d’emplois et de vocations pour celles et ceux qui souhaitent s’engager dans les métiers de l’environnement et de l’eau.

    Professionnels de la phytoépuration : partagez votre expérience

    Vous travaillez dans la phytoépuration, l’assainissement écologique ou les métiers de l’eau ?
    Votre témoignage peut aider des jeunes, étudiants ou personnes en reconversion à mieux comprendre la réalité du terrain, les parcours possibles et les compétences clés pour rejoindre cette filière.

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    Crédit photo : JackieLou DL, ©Pixabay

    Jérôme, formé en écologie et en aménagement des territoires, spécialisé depuis plus de vingt ans dans la communication et la veille emploi-formation dans les métiers de l’environnement. Diffuser une offre · Proposer une formation · Contact · Veille environnement » recevoir des alertes sectorielles

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